12 valeurs universelles : définition et signification pour tous les individus

En 1992, le psychologue Shalom Schwartz identifie douze valeurs fondamentales partagées par l’ensemble des cultures. Cette classification s’appuie sur des enquêtes menées dans plus de 65 pays, impliquant des dizaines de milliers de participants.Certaines de ces valeurs entrent parfois en conflit direct, tandis que d’autres se complètent et s’influencent mutuellement. La théorie de Schwartz offre un cadre pour comprendre comment ces principes influencent les attitudes, les choix et les interactions à l’échelle individuelle et collective.

Comprendre la théorie des valeurs universelles de Schwartz : origines et principes clés

Au début des années 1990, Shalom Schwartz, professeur en psychologie sociale, se lance dans une exploration ambitieuse : décoder ce qui motive réellement l’humain, au-delà des frontières. En collectant des données issues de dizaines de pays, il réussit à démontrer l’existence d’un socle stable de valeurs, partagé par toutes les cultures, bien que chaque société les hiérarchise différemment.Le modèle des valeurs universelles qu’il propose repose sur douze principes fondamentaux, disposés en cercle pour mieux représenter les liens et les tensions entre eux. Pendant que certains, comme la sécurité ou la conformité, privilégient l’ordre collectif, d’autres, telles que la stimulation ou l’autonomie, encouragent la nouveauté et l’individualité. Ce cadre permet d’observer la façon dont chacun place le curseur, en fonction de son histoire et de son contexte.Ce modèle, bien plus qu’un simple outil pour chercheurs, éclaire les jeux de forces qui traversent nos engagements, nos préférences ou nos oppositions. Schwartz a ainsi ouvert la porte à une lecture nuancée des rapports entre tradition et changement, affirmation de soi et adaptation sociale. Aujourd’hui, son approche s’impose comme une référence pour qui veut décrypter la complexité des comportements humains, collectifs ou individuels.

Quelles sont les 12 valeurs universelles et comment sont-elles classifiées ?

Pour saisir la logique de la classification des 12 valeurs universelles de Schwartz, mieux vaut en comprendre l’architecture globale : chaque valeur incarne une motivation, et le tout rayonne à travers quatre grands axes, ouverture au changement, dépassement de soi, conservation et affirmation de soi. Ce découpage fait écho à l’équilibre entre aspirations individuelles et attentes du groupe.

  • Autonomie : encourager la créativité, l’indépendance, la liberté de choisir par soi-même.
  • Stimulation : rechercher la nouveauté, l’aventure et les défis.
  • Plaisir : privilégier le bien-être immédiat, savourer les expériences agréables.
  • Réussite : poursuivre l’excellence, se distinguer, recevoir l’estime des autres.
  • Pouvoir : influencer, contrôler, disposer des ressources ou des personnes.
  • Sécurité : viser la stabilité, la sureté, la protection, sur le plan personnel ou collectif.
  • Conformité : respecter les normes, se plier aux attentes sociales.
  • Tradition : perpétuer les coutumes, honorer le patrimoine culturel et spirituel.
  • Bienveillance : faire preuve d’entraide, de loyauté et de compassion envers son entourage.
  • Universalisme : défendre l’égalité, la tolérance, soutenir la justice et le respect de la nature.
  • Humilité : rester modeste, relativiser son importance, éviter la présomption.
  • Hédonisme : chercher les plaisirs de la vie, cultiver les sensations positives.

Ces douze valeurs, connectées ou parfois antagonistes, dessinent une carte qui oriente notre manière de vivre, choisir ou agir. Leur ordre de priorité fluctue selon l’éducation, le contexte ou les bouleversements du monde. Autrement dit, nos choix quotidiens, nos relations, nos gravitations citoyennes dépendent largement de la manière dont on agence intérieurement ces repères fondamentaux.

Des valeurs qui influencent nos choix : impact sur le comportement et la prise de décision

Notre boussole interne se construit sur ce socle de valeurs. Il ne s’agit pas seulement d’une liste abstraite : ces principes s’imposent lors des dilemmes comme dans les moments de calme, car ils orientent chaque choix, décidant de la prise de décision aussi bien en solo qu’en groupe. Ce classement hiérarchique personnel, révélé par Schwartz, façonne nos priorités, parfois à notre insu.

Regardons, par exemple, le cas d’un salarié préoccupé d’abord par la sécurité. Il adoptera des stratégies d’évitement du risque au quotidien et fuira les remises en question trop radicales. À l’inverse, une collaboratrice pour qui la stimulation et l’autonomie comptent plus, explorera de nouvelles pistes, prendra des initiatives inédites, quitte à bousculer l’ordre établi. Entre pouvoir et bienveillance, les frottements sont parfois rudes lors de décisions partagées : ces arbitrages internes et collectifs (famille, équipe, société) engendrent des choix de vie et d’action très différents.Les recherches menées dans le champ de la psychologie sociale montrent que cette organisation évolue : elle se nourrit de l’éducation, des circonstances vécues et des événements extérieurs. Concrètement, deux personnes face à la même situation pourront réagir à l’opposé, simplement parce que leur système de valeurs place certains principes à des degrés différents. À titre d’exemple, les valeurs professionnelles se retrouvent chaque jour dans la gestion des conflits, les méthodes de travail ou l’innovation dans les entreprises. Remettre en question cette hiérarchie intime, c’est interroger ce qui fait tenir, avancer ou résister chacun d’entre nous.

Une femme et un jeune homme discutant autour d

Pour aller plus loin : ressources et pistes pour approfondir la réflexion sur les valeurs

Sortir du cadre théorique, c’est aussi explorer les multiples ressources et outils pour approcher la dynamique concrète des valeurs. Depuis la publication des premiers travaux de Shalom Schwartz, de nombreux chercheurs ont enrichi les méthodes d’analyse et les applications sur le terrain, que ce soit pour évaluer les dynamiques de groupe ou l’évolution des sociétés. Les tests, grilles de lecture ou études comparatives ont ainsi permis d’observer la robustesse et la pertinence de ce modèle dans des contextes toujours renouvelés.

Pour aller plus loin sur ce sujet, plusieurs ressources existent : recueils d’analyses, questionnaires d’auto-évaluation, synthèses réalisées dans des revues de psychologie sociale, articles thématiques accessibles ou études approfondies sur les applications pratiques en entreprise et dans l’espace public. Ces supports forment un point de départ solide pour qui souhaite saisir la complexité et la plasticité de ces principes partagés.

La recherche continue de creuser la question des valeurs : impact dans l’éducation, moteurs d’innovation managériale, enjeux pour la cohésion sociale ou repères pour comprendre les mutations du travail. Leurs répercussions irriguent tous les domaines, du collectif à l’intime. Et peut-être, demain, éclaireront-elles encore mieux nos choix, personnels comme présents à l’échelle de la société. À chacun la liberté de tracer sa route, une route balisée, en filigrane, par ces douze repères universels.

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